samedi 8 octobre 2011

8 Octobre 2011 : Mandawa - Fatehpur - Bikaner

Réveillée en pleine nuit par un cauchemar quasi réel : j'étais piquée dans mon lit par des araignées... Je réveille Ven... Rien du tout sous les draps! Je suis bouillante, je transpire à grosses gouttes. Je me rendors et me réveille avec un mal de ventre terrible...
Bon ben j'ai la tourista.
Ven me donne des cachets. Je me prépare difficilement. Je manque un peu.
Je redoute les 4h de route en voiture pour aller à Bikaner. C'est bon... je gère.

Notre chauffeur nous propose d'aller dans un magasin Vishnoi (= Bishnoï) qui vendent des tissus et tapis 2 à 3 fois moins chers que dans les boutiques plus touristiques.

Qu'est-ce qu'un Bishnoï? De manière très résumée : c'est un écolo végétarien pacifiste et défenseur de la faune et la flore. "Cette communauté a connu un drame en 1730, lorsque le mahârâja Ajit Singh de Jodhpur envoya ses soldats couper du bois pour alimenter ses fours à chaux, nécessaires pour rénover son palais. Ils allèrent sur les terres des Bishnoïs pour battre des arbres : ces derniers sortirent de leur village, et leur demandèrent de ne pas couper les arbres, expliquant que c'était contraire à leurs préceptes religieux. Le maharadja confirma son ordre et les soldats se mirent à couper ; et une femme de la communauté, Amrita Dévi, ainsi que ses filles et d'autres femmes, s'interposèrent pour leur interdire cet abattage, entourant chacune un arbre de leurs bras. Puis hommes, vieillards, jeunes suivirent l'exemple des femmes. Tous prirent un arbre à bras le corps ; et les soldats coupèrent, mutilèrent, sans distinction, les arbres et les Bishnoïs1. En tout, 363 personnes furent ainsi massacrées pour avoir tenté de protéger les arbres. Suite au massacre, le roi de Jodhpur, ayant appris l'étendue des victimes et afin d'honorer le courage des bishnoïs, ordonna que les zones habitées par les bishnoïs devenaient sacrées et qu'en ces lieux nul homme étranger à leur religion ne devait manquer de respect à leurs 29 commandements mais y obéir sans tergiverser en ne tuant ni animaux ni arbres (dans les villes saintes de l'hindouisme et du jaïnisme, et dans les forêts sacrées ou bois où vivent des communautés de sadhus (ascètes, ermites), il est interdit à quiconque de chasser, de blesser ou d'assassiner des créatures, animaux, arbres). Régulièrement, des bishnois sont toujours tués, ces derniers n'hésitant à s'interposer physiquement face aux chasseurs et autres braconniers pour sauver une vie animale." (contenu modifié, source Wikipédia).

Nous reprenons notre chemin, visitons une petite havéli dans un village, et déjeunons à Fathepur, village pittoresque. On ne prend que du riz et du thé. Et je prévois le papier avant d'aller aux toilettes, je ne vais pas me faire avoir cette fois-ci! Le "donneur de papier" faisait un peu la tête du coup ;-) Je retrouve Ven mécontent devant l'addition... ah ben mince, ce ne sont pas les même prix que sur le menu... Ven va chercher notre chauffeur. Ils nous montrent des menus + neufs avec d'autres prix... Notre chauffeur nous défend. On paie quand même (nous sommes 3 contre 5 quand même...). En partant, ils nous rendent la différence, comme quoi... 2 possibilités : soit ils arnaquent volontairement, soit il s'est planté en donnant le menu et nous a donné les menus des indiens (on paie toujours plus chers que les personnes locales...). Ce n'est pas le prix qui était le frein et le moteur de ce mécontentement; car ce dernier restait dérisoire. C'est le principe et l'importance qu'ils ne volent pas!

Nous arrivons au Lallgarh Palace à Bikaner, énorme demeure divisée en 2, un côté pour les touristes, un côté pour les propriétaires des lieux, quelque peu égocentriques avec les photos de la Dame ou de son fils... partout! Les chambres sont très spacieuses, avec de hauts plafonds, mais cela est la seule remarque "positive" de ces lieux... Les fauteuils et canapé puent la paille, il y a peu de lumière naturelle, la seule "déco" se compose d'un calendrier avec la photo de la proprio, encore. Le couloir principal est orné de peaux de tigres et autres trophées de chasse qui pour ma part, montre encore la prétention de la proprio. Quant à la nourriture du soir, elle fut peu attirante et peu goûteuse. Rien de bien super pour le prix...

Il est 14h, notre guide nous attend. C'est un grand et gros bonhomme qui parle lui aussi français.

Nous faisons un petit tour en voiture dans Bikaner, ville fortifiée dans cet immense désert, avant d'aller visiter le Junagarth Fort. Ce fort fut construit au 4ème siècle, d'où les différentes influences architecturales, avec plusieurs cours, peintures qui recouvrent les murs et plafonds. Ce que l'on nomme des "miniatures". Nous sommes entourés de grès rose et de marbre sculpté, de portes en argent (650 kgs pour une d'entre elles), de tapis, de miroirs au murs et plafonds dans certaines pièces (leurs usages étaient de refléter les lumières et donner une illusion de nuits étoilées, et enfin parfois pour surveiller l'arrivée d'éventuels agresseurs).

Nous apercevons un ascenseur "OTIS", le tout premier ascenseur du Rajasthan, importé d'Angleterre en 1914. Nous arrivons dans une salle "musée aux armes", dont certains fusils pouvaient atteindre 1,80m pour tuer les tigres, et 4m de long pour les pachydermes. Dans d'autres cours, nous apercevons les "fenêtres" des femmes qui depuis ces dernières, pouvaient voir sans être vues.

Je suis fatiguée, j'ai mal au dos.

Nous allons quand même à la Camel Farm, ferme des dromadaires où nous avons pu voir les 3 différentes sortes de dromadaires, quasi à liberté à nos côtés. Cette ferme est un centre de recherches sur la reproduction, les maladie et l'évolution de cette espèce. Un dromadaire (1 bosse pour info : pour s'en rappeler : nombre de syllabes impair, donc 1; alors que chameau : nombre de syllabes pair, donc 2).
Un dromadaire peut vivre 7 jours sans boire dans le désert, et 10 jours dans des conditions "normales". Ils sont fiers, hauts, le regard fixe et la tête droite.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un atelier de peinture miniature. Hallucinant. Sans loupe et à l'aide de pinceaux en poils d'écureuils et de peintures naturelles, dont l'or, ils peignent à une échelle non visible à l’oeil nu, des représentations ou des écritures. Pour nous montrer cet art, le proprio de ces lieux nous montre comment à main levée il arrive à tirer des traits parallèles fins et très serrés. Il fait cela à l'oeil nu.

Nous, nous utilisons des loupes pour vérifier. Il dessina un "tableau" sur l'ongle de Ven, et y écrivit nos prénoms. C'est uniquement avec la loupe que l'on pouvait "voir" le dessin (ou en prenant une photo et en zoomant après).
Nous décidons de prendre une toile peinte sur un vieux papier administratif, pailleté d'or, sur lequel il y fera une représentation rien que pour nous, avec nos prénoms et la date de notre mariage (seuls nous 2 savons où cela se situe... à vous de le trouver lorsque vous viendrez nous voir).

Nous retournons à l'hôtel, et après un repas quelconque, je me repose enfin les reins... en dormant, enfin...

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